Un magasin de disques qui brule, c'est vraiment un drame! Surtout quand il s'agit d'un magasin spécialisé rock, ça court pas les rues! Maintenant peut être encore moins qu'avant, et là je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre. Je vous parle aussi d'un magasin de disques qui a brulé et pour moi, ça a été une bénédiction. Je suis dégueulasse de dire ça mais c'est pourtant la vérité. Le magasin en question était à Lyon et s'appelait Snapshot. Il a du bruler en 84. J'y ai jamais mis les pieds! Alors pourquoi en parle-je et surtout pourquoi en tire-je autant de joie? Je sens qu'il va falloir que je m'explique.
Il me semble que je vous ai déja expliquer le contexte culturel à Montceau dans les années 80. Je ne parlerai pas des concerts, il n'y en avait pas. Au moins c'est simple! Et même s'il y en avait eu, vu qu'il n'y avait que des groupes de blues (comme les groupes punk maintenant), c'était pas ça qui allait nous faire sauter de joie. Et valait mieux pour les bluesmen, parce qu'à l'époque notre joie on l'exprimait en leur balançant des cendriers, des oeufs ou toutes sortes d'objet blessant autant physiquement que moralement. Et les magasins de disques auraient pu tous bruler, au moins ça aurait mis un peu d'animation. On aurait alimenté le brasier avec les guitares sèches, les harmonicas et les violons des bluesmen, voir même avec les bluesmen.
Non, Montceau ville morte. Pas vraiment la ville idéale pour s'initier au punk rock.
Jusqu'au jour où la foire aux affaires a récupéré un stock de disques d'un magasin qui avait brulé (le fameux snapshot) et les vendait à des prix dérisoires. Au pire, qu'est ce qu'on risquait? Gaspiller 20 balles pour 2 disques? On avait tellement rien à se mettre derrière les oreilles qu'on aurait acheté n'importe quoi et on est allé y faire un tour. J'ai dégoté là bas la compile
Welcome to 84 et 2 disques de
Rubella ballet à la pochette un peu brunie mais tout à fait écoutable.
Je comprendrais jamais pourquoi mon pote Alain a insisté pour que je prenne ce disque de
Legion of parasites. Il avait pas moins de thunes que moi et je crois qu'il avait pas acheté un seul skeud. Est-ce qu'il était pas enthousiasmé par la tronche des zikos et surtout par celle du chanteur peigné genre "j'ai été chez le coiffeur et je lui ai demandé de me faire une coupe punk"? Parce que moi, c'est ça qui ne me branchait pas plus que ça dans ce disque, ça et la pochette pas terrible. Mais il a insisté, insisté et je l'ai quand même acheté. Faut dire qu'à l'époque, il me semblait bien que j'étais déja un putain de trou du cul collectionneur de disques.
Et puis voila, la claque quoi!
Legion of parasites (sauf qu'au début, je croyais qu'ils s'appelaient Undesirable guests), la compile MRR, Rubella ballet, ça me changeait des Clash ou de Killing joke.
Pour résumer, si ce magasin n'avait pas brulé, peut être qu'à force de ne rien avoir à écouter, on aurait acheté n'importe quoi et que maintenant on écouterait de la merde, et que par exemple, dans ce blog je posterais des disques de Aha ou Big country. Donc, c'est bien ce que je disais, pour moi, l'incendie de Snapshot ça a été une bénédiction. Amen!!
Quelques années plus tard, Eric (que je viens de retrouver sur copain d'avant) guitariste de talent expatrié de Toulouse, a acheté le 2eme Lp par mon intermédiaire. C'est la seule fois que je l'ai vu. Et je l'ai pas ré-entendu depuis. Le 3eme lp Dawn to dust, je le connais pas du tout! Mais je l'ai trouvé sur le
net, avec le 2eme
Prison of life, ainsi que la compile
Bollocks to the gonads, la compile
Empty skulls, la compile
Anti-capitalism, et une video sur
Youtube.
Il existe aussi un Lp qui a du sortir récemment, qui s'appelle Another disaster et qui regroupe des démos de 81 à 85. Il y a 26 morceaux pour 51 minutes.
Ma hantise maintenant, c'est que ma collec de disques brule. Ce serait un drame... ou peut être une libération!
LEGION OF PARASITES Undesirable guests 12" 84 (6 mp3 en 320kbps + pochette recto/verso = 34 Mo)